Insomnies
Description médicale
L'insomnie (du latin somnus = sommeil) se caractérise par de la difficulté à s'endormir ou à dormir suffisamment. Des réveils fréquents durant la nuit ou très tôt le matin sont aussi des signes d'insomnie. Celle-ci peut entraver sévèrement les activités en causant, notamment, une moins bonne attention, de l'irritabilité et des problèmes de mémoire.
En médecine, l'insomnie fait partie de la grande famille des troubles du sommeil, qui inclut notamment la narcolepsie (des entrées subites et imprévisibles dans un état d'endormissement), l'hypersomnie (un besoin excessif de dormir), et les dérèglements des rythmes d'éveil et de sommeil (en raison d'un décalage horaire, d'horaires irréguliers, etc.).
Généralement, en s'attaquant à la cause de l'insomnie, la plupart des gens retrouvent un sommeil réparateur après quelques semaines. Toutefois, dans certains cas, il faut des années pour régler le problème, surtout si l'insomnie est liée à un traumatisme psychologique.
Notons que certaines personnes dorment peu d'heures par nuit, sans être nécessairement insomniaques. Pour qu'il s'agisse d'insomnie, il faut qu'il y ait des répercussions néfastes sur la vie.
Types d'insomnie
On distingue deux types d'insomnies :
l'insomnie aiguë, qui dure d'une à trois semaines;
l'insomnie chronique, qui se manifeste au moins trois nuits par semaine, durant au moins un mois.
Causes
L'insomnie est un symptôme, pas une maladie en soi, un peu comme la fièvre. Avant de penser à la traiter, il faut donc en trouver la ou les causes.
Parmi les facteurs physiques et environnementaux qui ont une grande influence sur le sommeil figurent la luminosité et les bruits ambiants, de même que le contenu et le moment des repas.
Les facteurs psychologiques, comme le stress, l'anxiété, la dépression et l'anticipation d'une nuit sans sommeil, jouent aussi un rôle important : ils compteraient pour 50 % de tous les cas d'insomnie évalués dans un laboratoire du sommeil.
Outre les facteurs liés aux habitudes de vie et à l'environnement, des troubles physiques passagers ou chroniques risquent de perturber le sommeil. Certains, comme les deux qui suivent, peuvent même empêcher réellement de dormir :
le syndrome des jambes sans repos, qui se caractérise par des envies irrésistibles de bouger les jambes. Il résulte d'un désordre des mouvements moteurs. Les sensations désagréables que ce syndrome provoque se manifestent généralement pendant les périodes de repos, plus particulièrement au moment de l'endormissement, mais aussi durant les moments d'inactivité le jour;
l'apnée du sommeil, qui touche surtout les ronfleurs et les personnes obèses. Elle provoque des suspensions de la respiration qui durent de 10 à 30 secondes (ou plus). Le dormeur se réveille des centaines de fois au cours de la nuit. Ce sommeil superficiel entraîne de la fatigue et de la somnolence durant le jour.
Conséquences possibles
Les conséquences de l'insomnie se font vite sentir et incluent : de la fatigue, de la somnolence, de l'irritabilité, des pertes de mémoire et de la difficulté à se concentrer durant le jour.
De plus, l'insomnie aggrave certains problèmes : les migraines, les symptômes de la ménopause, les douleurs musculaires, les problèmes digestifs, etc. Si le fait de passer quelques nuits blanches occasionnellement n'est pas inquiétant, plusieurs nuits sans sommeil peuvent affaiblir certaines facultés. Ainsi, le manque de vigilance qui découle de l'insomnie peut être lourd de conséquences :
le manque de sommeil serait responsable d'un grand nombre de difficultés scolaires, en particulier chez les élèves du primaire;
la fatigue au volant est impliquée dans 20 % à 25 % des accidents de la route mortels. C'est aussi une cause importante des accidents au travail;
une privation de sommeil qui dure plus de quelques jours nuit également au système immunitaire, lequel est particulièrement actif durant la nuit. C'est pourquoi, d'ailleurs, on recommande aux personnes atteintes de rhume ou de grippe de se reposer davantage.
Des nuits cruciales
Bien dormir est important, non seulement pour se sentir de bonne humeur et énergique, mais aussi pour jouir d'une bonne santé à long terme. Durant le sommeil, plusieurs processus physiologiques s'accomplissent : les tissus du foie et des muscles se régénèrent, le système immunitaire refait ses forces, la mémoire se consolide, etc. C'est durant le sommeil que la sécrétion des hormones de croissance est la plus élevée. Le cerveau profite aussi de ce répit pour éliminer ses « déchets » grâce aux antioxydants. Cependant, on ne sait pas encore grand-chose sur la façon dont le sommeil déclenche ces mécanismes réparateurs.
Symptômes
De la difficulté à s'endormir.
Des réveils intermittents durant la nuit.
Un réveil prématuré.
De la fatigue au réveil.
De la fatigue, de l'irritabilité et des troubles de concentration durant le jour.
Une diminution de la vigilance ou des performances.
Une anticipation anxieuse de l'arrivée de la nuit.
Personnes à risque
Les femmes seraient plus enclines à souffrir d'insomnie que les hommes, probablement en raison de certains changements hormonaux : avant les menstruations, et durant les années qui précèdent et qui suivent la ménopause. Les femmes enceintes, dont le sommeil est interrompu à plusieurs reprises au cours de la nuit, courent aussi plus le risque de souffrir d'insomnie.
Les personnes âgées de 60 ans et plus.
Les personnes touchées par le syndrome des jambes sans repos.
Les personnes atteintes d'hyperthyroïdie, car leur métabolisme fonctionne en accéléré (leur pouls est plus rapide; elles sont nerveuses et ont parfois des palpitations).
Les personnes atteintes d'une maladie chronique (maladie du rein ou de la prostate, insuffisance cardiaque, asthme, etc.), d'apnée du sommeil ou d'une maladie entraînant des douleurs chroniques (fibromyalgie, cancer, arthrite, neuropathies, etc.).
Les personnes qui ont des troubles digestifs, comme des reflux gastro-oesophagiens ou un ulcère gastroduodénal.
Les personnes qui ont des acouphènes.
Facteurs de risque
Le stress, l'anxiété, une dépression, un traumatisme ou d'autres problèmes, d'ordre psychologique ou psychiatrique.
Un environnement qui n'est pas propice au sommeil : une température inadéquate, un éclairage et des bruits trop importants, une nuit de sommeil en haute altitude ou avec un ronfleur, etc.
Des perturbations du cycle du sommeil (décalage horaire, horaire de travail irrégulier, etc.).
Une mauvaise hygiène du sommeil (des siestes trop longues, un manque d'activité physique diurne, des soirées trop actives, des heures de sommeil irrégulières, etc.).
Des changements dans la routine (une nuit dans une chambre d'hôtel, dans la maison d'un ami, etc.).
Léobésité, qui accroît le risque d'apnée du sommeil.
La consommation excessive d'excitants durant la journée ou avant le coucher : par exemple, des boissons caféinées (thé, café, cola, guarana, etc.), des boissons énergisantes ou du chocolat. Les tisanes à la menthe peuvent aussi avoir un effet excitant.
La consommation d'alcool en soirée. L'alcool peut faciliter l'endormissement. Cependant, au fur et à mesure que le corps métabolise l'alcool, le sommeil devient fragmenté et de moindre qualité.
La prise de médicaments en vente libre, comme certains décongestionnants, certains analgésiques et certains produits amaigrissants (contenant souvent de la caféine et d'autres substances stimulantes), ou encore la prise de médicaments obtenus sur ordonnance, comme certains antidépresseurs, des médicaments contre l'hyprertension
et des corticostéroïdes.La consommation de drogues stimulant le système nerveux central, comme la méthamphétamine (dont la crystal meth) et la cocaïne. Ces substances diminuent la sensation de fatigue ou la sensation d'avoir besoin de sommeil, ainsi que l'appétit.
Un sevrage (la privation de tabac, de somnifères, d'antidépresseurs, d'anxiolytiques, de tranquillisants).
L'anxiété liée au fait que l'on a de la difficulté à dormir. On se met alors à calculer le nombre d'heures qu'il nous reste à dormir, à penser à la façon dont l'insomnie nous nuira le lendemain, etc.
Le tabagisme, surtout en soirée.
Prévention
Voici quelques trucs pour adopter un mode de vie favorable au sommeil. Il faut éviter autant que possible les facteurs de risque mentionnés ci-dessus.
Aménager un environnement qui favorise le sommeil
- Il est bon de dormir sur un bon matelas et dans une chambre sombre.
- En ville, on peut se munir de rideaux ou de stores coupant les rayons de lumière extérieurs, aussi ténus soient-ils (ceux des lampadaires, par exemple). La lumière agit directement sur l'hypophyse, une glande qui exerce une influence majeure sur l'horloge biologique. Une chambre trop éclairée ou trop sombre altère le processus de réveil.
- Au besoin, on peut atténuer les bruits environnants en aménageant les chambres à coucher dans les pièces les plus silencieuses de la maison ou en insonorisant les murs, les plafonds et les planchers. On peut aussi, tout simplement, avoir recours à des bouchons d'oreilles.
- Certaines personnes dorment mieux quand il y a un bruit de fond léger et constant (comme celui d'un ventilateur), qui couvre des bruits plus forts venant de l'extérieur.
- Il est conseillé de faire en sorte que, la nuit, la température de la chambre à coucher soit légèrement inférieure à la température diurne, et aussi de bien aérer la pièce. On conseille généralement une température qui se situe autour de 18 °C.
Faire attention au repas du soir
- Se nourrir à des heures régulières.
- Éviter de manger tard le soir, car la digestion maintient éveillé. Ce conseil gagne en importance avec l'âge, car la digestion se fait plus lentement.
- Prendre un repas léger et peu épicé au souper, ce qui favorise le sommeil. Pour compenser, prendre un petit-déjeuner et un déjeuner plus copieux. Les soupers riches contribuent à fragmenter le sommeil, surtout s'ils sont bien arrosés.
- Consommer un souper riche en glucides à index glycémique bas (c'est-à-dire ne provoquant pas de trop grande hausse de l'insuline), comme le riz brun, les pâtes cuites al dente, les légumineuses ou le pain à grains entiers, et contenant de faibles quantités de protéines et de gras. Un tel souper faciliterait le sommeil en stimulant la production de mélatonine et de sérotonine. Il s'agit de deux médiateurs chimiques qui agissent dans les centres nerveux.
- Prendre une collation avant le coucher; cela aide certaines personnes à s'endormir.
Article ajouté le 2009-07-30 , consulté 31 fois
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